La digitalisation du secteur de l'art - David LANGLADE

La digitalisation du secteur de l’art

digitalisation de l'art

« Nous sommes en 2025, 5 ans après le COVID-19, cette épidémie a eu beaucoup d’impacts sur le quotidien de beaucoup d’entreprises.
Le marché de l’art est un des secteurs qui a subit le plus de transformations.
Depuis ces 5 ans nous avons constaté des galeries de plus en plus petites et des investissements de plus en plus importants sur les galeries digitales.
Aujourd’hui, être vendeur d’oeuvre d’art rime avec Instagram, labo photo, stratégie digitale, animation de communautés…
Il va sans dire que ce secteur a très bien pris le virage de la digitalisation. »

Ce récit pourrait être la conclusion de la dernière édition du rapport sur le marché mondial de l’art (The Art Basel et UBS).

« Le secteur des galeries est une industrie résiliente »

The Art Basel

Alors que nous sommes dans de profondes incertitudes, entre guerre économique, Brexit et Covid-19,
ce secteur a bien résisté et nous constatons les signes fort du pivot et de la digitalisation de cette industrie.
Vous pouvez consulter l’ensemble de ce rapport ici si vous le souhaitez.

L'évolution de l'homme par Ocampo
L’évolution de l’homme par Ocampo

Le marché de l’art en 2019 (les premiers signes de digitalisation)

Une très bonne année pour l’art

D’une manière générale, l‘année 2019 a été positive pour le secteur des galeries d’art.
Celles-ci ont ont connu une croissance alors même que le marché des ventes aux enchères se contractait (de quelques 17 %).
Les raisons de cette contraction sont dues au contexte économique et politique. Les vendeurs hésitent à vendre des œuvres d’arts aux enchères publiques.

Des acteurs majeurs tels que David Zwirner et White Cube se sont installés à Paris en 2019. Contribuant ainsi à une hausse de 7 % du marché français.
Et (contrairement à 2018 ou le haut de gamme avait sur-perforé) le rapport montre que les gains sont très homogènes entres les galeries.

L’art reflète les changements de la société et cela reflète vraiment le fait que la société va dans la bonne direction »

galeriste londonienne Sadie Coles

Mais un nouveau défi

Mais le grand défi aujourd’hui des concessionnaires n’est pas la recherche de talents mais surtout de trouver de nouveaux acheteurs.
Le marché est totalement saturé et toutes les galeries sont à la recherche d’un nouvel eldorado.
Dans ces nouveaux marchés nous pouvons retrouver les pays émergeant et évidement Internet.

La percée de la transformation digitale dans le secteur de l’art

Les galeries qui ont vendu via le web l’année dernière ont vu 50% de leurs ventes provenir de nouveaux acheteurs.
Comme dans beaucoup d’activités, le canal en ligne permet d’atteindre les « Millennials ».

Sur plus de 1 300 collectionneurs de HNW interrogés dans le rapport Arts Economics et UBS Investor Watch, 92 % ont acheté de l’art en ligne.

« les collections « Millennials »offrent un potentiel significatif pour le marché en ligne et le marché intermédiaire en tant que moyen d’attirer une base plus large de nouveaux acheteurs à différents niveaux de prix ».

Christl Novakovic, PDG d’UBS Europe SE et responsable de la gestion de patrimoine de la banque en Europe

L’année dernière, les marchands ont encore réalisé 45 % de leurs ventes annuelles. Grâce à des événements en direct tels que les foires d’art.

Avec l’épisode de pandémie nous constatons une forte diversification de l’offre en ligne.

De plus en plus de galeries organisent des expositions basées sur Instagram et de nouvelles salles de visionnage en ligne.
Le galeriste new-yorkais Friedrich Petzel a profité de l’annulation d’Art Basel Hong Kong pour montrer des œuvres de Derek Fordjour, Wade Guyton, Charline von Heyl, Sean Landers, Seth Price et Heimo Zobernig dans sa galerie des quartiers chics. Il les a présentés simultanément à un public numérique via son propre site web.
Que ce soit via la salle d’exposition de la galerie, Facebook, Instagram ou d’autres canaux. La hausse des ventes en ligne par rapport à l’année précédente est « assez spectaculaire », observe Lucy Mitchell-Innes, du cabinet new-yorkais Mitchell-Innes & Nash.

Si la trajectoire que j’ai vue se poursuit il y aura un point d’interrogation quant à savoir si nous avons besoin de briques et de mortier dans l’immobilier ».

Lucy Mitchell-Innes
La Persistance de la mémoire Dali
La Persistance de la mémoire – Dali

Les investissements dans l’immobilier ! Il est bien là le sujet.
Aujourd’hui les outils sont présents et même les boutiques qui ont peu de moyens arrivent à correctement vendre sur Internet.
En accélérant leur digitalisation, il y a de fortes chances que les budgets précédemment prévus dans « la pierre » iront dans « les nuages ».

Nous apprenons aussi (dans ce rapport) que les galeries les plus prestigieuses savent déjà engager de gros moyens pour accélérer leur digitalisation.

« Les grandes galeries ont eu le budget extravagant d’engager des directeurs de la photographie, de créer des vidéos d’artistes se promenant dans leurs spectacles avec de la musique en arrière-plan…
Nous n’irions pas dans cette direction, alors nous réfléchissons à la façon d’être créatifs et d’inventer des moyens de soutenir nos artistes et notre galerie en ligne.
Il y aura une période d’expérimentation, mais avec 38 ans dans ce domaine, nous nous efforcerons de trouver quelque chose qui reflète notre identité ».

Wendy Olsoff, cofondatrice de P.P.O.W. à New York.

En conclusion, le résultat de la digitalisation

Le marché de l’art est, sans conteste, un secteur qui aura subit d’importants changements après l’épisode du COVID-19.
Nous pouvons nous rassurer, malgré cette crise, les artistes ont encore un avenir.


Comme dans beaucoup de secteurs, les plateformes ont déjà pris une place importante.
Dans un rapport Hiscox présente les places de marchés de l’art (christies.com; artsy.net; artnet.com; 1stdibs.com).
Ce rapport met en avant 3 chiffres sur les visions des acteurs du marché de l’art sur ces 5 prochaines années :

  • 41% des acteurs pensent que le marché va se consolider sur un acteur mondial.
  • 27% pensent que les plateformes régionales et locales domineront.
  • 32% pensent que le marché de l’art en ligne reste organisé autour de catégories et qu’il n’y aura pas de place pour les niches.

Il nous restera à constater ces changements au fil des années et les impacts de cette digitalisation.

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